jeudi 17 novembre 2011

Les rues en sang

Accompagnés de tous les renforts disponibles, les héros de Brindol prennent place derrière la barricade. Chacun se voit attribuer une place et un rôle, mais il est trop tard pour fignoler : déjà la première vague d’ennemis s’avance face à eux : une vingtaine de soldats hobgobelin se sont mis en position à une trentaine de mètres de la barricade, arcs bandés… L’échange de flèches commence aussitôt, mais seuls les Tiri-Kitors et Callahan sont vraiment efficaces dans l’obscurité. Heureusement, la protection offerte par la barricade permet d’équilibrer l’affrontement, du moins jusqu’à ce que des ombres ailées ne survolent les défenseurs.

Trois manticores tentent de se poser sur les toits des immeubles voisins ; une est abattue avant de pouvoir attaquer, mais les deux autres, d’un ample mouvement de queue, font pleuvoir une nuée de dards acérés parmi les défenseurs. Seuls quelques miliciens cèdent à la panique, mais sont rapidement regroupés par Draël, Tandis que Thémis commence à soigner les blessés, et que Callahan donne l’ordre à tous les archers de concentrer les tirs sur les monstres qui les surplombent.

Le sang-froid des défenseurs fait merveille : Les manticores sont abattues l’une après l’autre, ce qui regonfle le moral des Brindoléens, qui, emmenés par Vonak, pousseront même une sortie vers les hobgobelins et les extermineront jusqu’au dernier. La première vague est repoussée sans aucune perte et la barricade est intacte !

Après quelques minutes de calme mises à profit pour rééquiper en flèches et bandages les combattants, la deuxième vague se profile. Des hurlements lugubres résonnent dans les rues voisines, tandis que des silhouettes blanches se meuvent rapidement d’un bâtiment à l’autre, avant de se regrouper sur la Voie Matinière… Des fantômes ? Non, des barbares gobelours à la fourrure teintée de blanc, qui chargent maintenant, leurs énormes haches au dessus de la tête, en direction de la barricade. Quelques miliciens ont un mouvement de recul. Vonak Hurle : « arrêtez-les, s’ils parviennent à la barricade, il vont la faire voler en morceaux ! »

Mais quelques flèches, même tirées par des elfes, ne suffisent pas à mettre à bas une meute de gobelours enragés ! La barricade cède en plusieurs points sous le choc de la charge des barbares, projetant en arrière les défenseurs de la première ligne. Le corps-à-corps s’engage ; Elliandre et Vagda surgissent de leurs cachettes pour prendre l’ennemi à revers, tandis que Vonak distribue coups et horions à qui s’approche trop. Callahan tente de se désengager, pour laisser la place à Draël et aux combattants de contact. Les blessés sont évacués tant bien que mal vers l’arrière, où Thémiss fait de son mieux pour les garder en état de combattre.

Les Lions de Brindol et les gardes de la maison Dénéith rendent coup pour coup, mais la force brute de leurs adversaires est un atout précieux. Vagda, qui s’est retrouvé coincé par deux barbares et salement amoché, est contraint de faire retraite. Heureusement, Vonak à trouvé la place qui lui convenait : juste au cœur du combat ! Sa lame assombrie par le sang semble danser d’une tête de gobelours à l’autre, et il transforme finalement un combat difficile en une brillante victoire. Tous les barbares sont à terre et les défenseurs ne dénombrent finalement que deux morts.

Mais déjà, au bout de la rue Une nouvelle vague d’ennemis se regroupe. Une dizaine de gobelins montés sur worgs se lancent à l’assaut. Et malheureusement, cette fois, la barricade n’est plus en état de briser leur charge. Pire : derrière eux, les silhouettes massives d’énormes lézards bleus se découpent dans l’obscurité ; leur gueule est surmontée d’une énorme corne crépitant d’électricité.

Les monstres –probablement des cousins éloignés des rejetons verts rencontrés dans les marais– se jettent dans la mêlée, frappant autant les gobelins terrifiés que les humains et les elfes. Un champ magnétique court entre leurs cornes, et à plusieurs reprises, se déchargent des éclairs meurtriers dans la foule des combattants, infligeant de lourdes pertes. Vagda a réitéré sa manœuvre d’encerclement, mais cette fois, Elliandre , au lieu de le suivre, a commencé à danser au milieu du troupeau de rejetons bleus… Il semble qu’un lanceur de sort invisible se cache dans une des maisons voisines.

Bien sûr, danser au milieu de monstres écailleux de plusieurs tonnes suintants d’électricité est une activité dangereuse… Un mauvais coup de trop et Elliandre se retrouve au sol, derrière les lignes ennemies. Achevant négligemment le gobelin qu’il tenait par le col, Draël se téléporte à portée de son compagnon pour lui porter secours ; il entend le mage incanter, sans doute à quelques mètres de lui, mais trouve suffisamment de volonté pour ne pas succomber à ses enchantements. Il jette l’elfe sur ses épaules, et sans attendre le sort suivant, se téléporte à côté de Thémiss, lui confiant son fardeau avant de repartir au combat.

Parmi les gobelins comme parmi les défenseurs de Brindol, les rangs des combattants se sont sensiblement éclaircis. Seul un des rejetons bleus est tombé, les cinq autres ne montrant guère de signes de fatigue. En face d’eux, les Lions de Brindol et les Héros de la ville font encore face, et c’est un long combat à l’usure qui s’engage. Les monstres finiront par tomber, mais plus de la moitié des défenseurs de la barricade les ont précédés.

La bonne nouvelle, c’est que le flot d’ennemis provenant de la porte éventrée semble se tarir ; pourvu que les autres postes de barricades aient tenu aussi bien, le regroupement sur le parvis de la Cathédrale aura pu se faire dans de bonnes conditions.

Draël active d’ailleurs son lien avec le Baron, pour lui faire part de la situation ; ce dernier les remercie pour le temps que ses hommes ont pu gagner et leur suggère de profiter de l’accalmie pour rejoindre le gros de forces devant la Cathédrale de l’Ost Souverain. A ce moment, sa dernière phrase se mue en un gargouillis rauque, puis c’est le silence…

Qu’est-il donc arrivé au Baron de Brindol ?

mercredi 19 octobre 2011

La bataille de Brindol

Les premiers échanges de flèches ont eu lieu une dizaine de minutes auparavant, lorsque le Baron Jarmod contacte les aventuriers grâce au lien télépathique qui les unit. Deux groupes de géants se sont approchés des entrées sud et ouest, et les bombardent de rochers… Il ne leur faudra que quelques minutes pour faire exploser les portes si on ne fait rien pour les en empêcher. Le baron envoie des hommes à l’Ouest, et suggère à Draël de tenter une sortie pour éliminer la menace.

Arrivés à la porte sud accompagnés de quelques archers Tiri-Kitors, les aventuriers constatent que quatre géants sont effectivement juchés sur la colline qui fait face à la ville, à environ 150 mètres des murs. Draël rassemble immédiatement les combattants de contact et les téléporte aux pieds d’un des géants, tandis que Callahan donne l’ordre aux archers qui l’accompagnent de courir vers l’ennemi pour être se mettre à portée de tir efficace.

Vonak, Vagda, Elliandre et Draël font pleuvoir une nuée de coups sur le premier géant, qui a à peine le temps de prendre sa masse en main avant de tomber ; ses compagnons, quelques mètres plus loin, ne semblent pas émus par le sort de leur voisin, et continue à lancer rocher après rocher. Plus grave, une petite force de hobgobelins –environ 200 soldats, à vue d’œil– attendait en embuscade derrière la colline, et se lance à l’assaut en éructant… Il leur faudra moins d’une minute pour atteindre la crête où le combat à lieu, il faut donc que tous les géants soient éliminés au plus vite.

Callahan est les autres archers sont arrivés à bonne portée ; bien qu’un peu essoufflés par leur sprint, ils commencent à tirer sans perdre d’avantage de temps, se concentrant sur une cible jusqu’à ce qu’elle soit abattue avant d’attaquer la suivante. Le second géant tombe à son tour, non sans avoir distribué quelques coups de massue à ses adversaires.

Le troisième géant, pris pour cible par les archers avant d’avoir été engagé au corps-à-corps, se rue vers eux en hurlant et en agitant son arme. Pendant que ses compagnons se dirigent vers le dernier géant, Vagda se rue à sa poursuite, pour tenter de l’arrêter avant qu’il ne fasse un « strike » dans les tireurs, et parvient à attirer son attention assez longtemps. Son adversaire tombera quelques instants après ; une flèche de trop…

Toute la force de frappe du groupe se concentre ensuite sur le dernier géant, dont les coups de boutoir désespérés ne font que retarder l’échéance. Il tombe, lui aussi. Malheureusement, Vonak, trop occupé à frapper de toutes ses forces, n’a pas le temps de sortir de ses pieds et se mange un méchant coup de géant en pleine tronche et en jurant. Il n’aura toutefois aucun mal à s’extirper de dessous la carcasse de son adversaire.

Du beau travail, réalisé sans perdre de temps ; les hobgobelins en embuscade sont encore à une cinquantaine de mètres du groupe, qui se replie maintenant vers les murailles, couvert par les arbalétriers des remparts de Brindol.

Avant de rentrer en ville, ils vont tout de même jeter un œil à l’autre porte, en longeant la muraille. Trois des géants sont encore debout, talonnés par une partie de l’armée hobgobeline qui marche déjà vers la porte, tandis qu’une poignée de cavaliers se replient vers la ville… Alors qu’ils envisagent de foncer vers les géants pour tenter de sauver la porte, Le baron les contacte à nouveau…

Un dragon rouge est arrivé de l’Est, et a commencé à incendier la ville, semant la terreur parmi les défenseurs. Aux dernières nouvelles, il faisait route vers la porte sud. Lorsqu’ils arrivent à cette dernière, c’est pour constater qu’il n’en reste que des éclats calcinés et fumants. Draël demande qu’on leur envoie quelques lions de Brindol en renfort alors que l’ombre du monstre en vol recouvre le groupe.
Le dragon ne semble pas chercher à s’en prendre aux défenseurs ; il décrit des cercles au dessus de la ville, plongeant de temps à autre vers un bâtiment pour l’engouffrer dans le brasier de son souffle ardent. Callahan donne l’ordre à tous les combattants présents de préparer les arcs et arbalètes, pour faire feu au moment où il pique et tenter d’attirer son attention. Beaucoup de flèches ricochent sur la carapace brillante du dragon, qui semble ne même pas remarquer qu’il est pris pour cible et continue sa besogne destructrice, jusqu’à ce qu’enfin un trait du lamesprit perce la défense du monstre ; ce dernier change alors de trajectoire et se jette de toute sa puissance sur Callahan, qui tombe à la renverse sous le choc.

Mais le dragon ne s’est pas laissé aveugler par la colère : il a atterri au milieu des ruines en flamme d’une maison incendiée plus tôt, à l’abri des restes de murs fumants. Les combattants s’approchent de lui pour l’encercler, faisant bloc autour de Draël qui semble nimbé d’une aura glacée… Le combat fait rage, le dragon se déchaine sur ses assaillants, mais subit le contrecoup de chacune de ses attaques grâce à la présence du shaman draconique qui lui fait face.

Le dragon faiblit mais refuse de reculer ; plusieurs de ses ennemis sont gravement blessés et il ne semble pas du genre à fuir un combat mal engagé sans emporter avec lui autant de victimes que possible. Vagda, bien que mal en point, bondit dans le dos du dragon, au milieu des flammes, ce qui distrait le monstre juste assez longtemps pour qu’Elliandre lui plante ses deux lames à la base du cou, mettant ainsi fin à sa carrière de pyromane. Callahan, lui, se jette vers Vagda et le tire hors des flammes alors que sa robe de bure commence à prendre feu…

Draël éteint les différents foyers allumés par le dragon grâce à son souffle de glace ; quelques minutes plus tard, les lueurs rouges de l’incendie ne sont plus qu’un mauvais souvenir, que se chargent de rappeler les poutres noircies des maisons parties en fumée. Il est temps de rendre compte du succès total de l’opération dragon au baron…

Malheureusement, à la porte ouest, les nouvelles sont loin d’être réjouissantes. Les géants ont réussi à détruire la porte, et les murailles adjacentes sont également à terre. Les premières unités de la horde de la main rouge sont sur le point d’entrer en ville, et le baron à mis en route le plan de repli ; les différentes unités postées sur les remparts doivent rejoindre les barricades qui leur sont assignées dans les rues de la ville, pendant que les soldats blessés ou en déroute peuvent se regrouper sur le parvis de la cathédrale de l’Ost Souverain.

Malheureusement, suite aux pertes provoquées par les géants, la première barricade sur la Voie Matinière, un des accès principaux à la ville, n’est tenue que par une quinzaine de soldats, et a besoin de renforts de toute urgence. Draël donne l’ordre d’envoyer toutes les réserves mises sous ses ordres et ceux de Callahan, en exhortant ses compagnons à se dépêcher…

lundi 17 octobre 2011

Le calme avant la tempête

Les jours passent dans les monts Bouclier-du-Géant, et les aventuriers ne trouvent décidément aucune trace d’une armée hobgobeline. Les hiboux géants des Tiri-Kitors patrouillent jour et nuit, se relayant en vain… Et pendant ce temps, la Horde s’approche de Brindol.

Le groupe finit par décider de rentrer en ville. De toute façon, si une armée se cachait au Nord, elle doit déjà être en route, pour faire jonction avec le gros des forces de la Main Rouge. Draël demande donc aux elfes de surveiller tous les chemins et routes qu’une force militaire pourrait emprunter pour rejoindre Brindol. Rien. Il est temps de penser aux derniers préparatifs de défense de la ville.

Les jours suivants seront passés à réviser les défenses, à la recherche de points faibles à renforcer, mais aussi à tenter de débusquer d’hypothétiques espions de la Main Rouge. A ce titre, Vagda donnera quelques sueurs froides à ses compagnons en allant rendre visite à Milla, l’espionne capturée, dans les cachots du château. Callahan devra interdire aux gardes de laisser entrer le forgelier, qui refuse de dire à ses compagnons de quoi il a discuté avec leur ennemie.

Enfin, le jour tant redouté arrive. La horde est en vue. Les premières unités s’installent sur une colline en face des portes Ouest, à un peu moins de deux kilomètres de la ville. Petit à petit, d’autres unités se déploient, certaines traversant même la rivière pour contourner entièrement la ville.

Au soir de l’arrivée de la horde, les tambours de guerre commencent à résonner, inlassablement. Cela continue toute la nuit, et ne semble pas cesser d’avantage au matin, avec pour effet prévisible de saper le moral des défenseurs. Le capitaine Ulvers fait part au groupe d’une vague de désertion assez inquiétante ; Si beaucoup d’hommes ont réussi à prendre la fuite par la rivière, il est parvenu à en arrêter une bonne partie, qui attendent que l’on décide de leur sort dans les prisons de la ville.

Callahan décide de leur rendre une petite visite. Accompagné de ses amis, il tente de convaincre les déserteurs de reprendre leur place dans leurs unités pour défendre la ville. Mais le résultat n’est pas à la hauteur des efforts fournis… La plupart préfèrent attendre leur fin ici, et gagner quelques heures de sursit, plutôt que de mourir en première ligne dans les premières heures du combat.

Toute la journée, le battement des tambours et des armes contre les boucliers se poursuit, rythme entêtant et de funeste augure. Chacun cherche le calme là où il peut le trouver. Le seul réconfort des citadins est que la Horde ne semble pas avoir songé à monter d’engins de siège. Cela dit, la silhouette de quelques géants et de créatures volantes –des dragons ?– minimise l’optimisme. Le soir tombe à nouveau sur la ville qui attend…

Enfin, une heure après le coucher du soleil, les tambours se taisent. La Horde s’est mise en marche. Dans moins d’une heure, elle sera aux murs de la ville.

jeudi 25 août 2011

Guerrilla contre les gobelins

Après avoir assisté au rituel de réincarnation de Vagda, dont l’esprit anime maintenant un nouveau corps de forgelier, le groupe prend la décision de partir vers Talar, à l’Ouest en suivant la route, pour tâter les forces de la horde de la Main Rouge. Draël espère trouver les armes de siège et les saboter, mais alors qu’ils sont encore à quelques kilomètres du village, ils sont repérés par des guetteurs gobelins montés sur worgs, qui battent retraite dès qu’ils les aperçoivent, sans doute pour signaler leur présence…

Dès lors qu’ils se savent repérés, les aventuriers décident de quitter la route et de couper à travers les vergers. Une demi-heure plus tard, ils aperçoivent le nuage de poussière soulevé par une troupe plus importante ; une douzaine de cavaliers gobelins fait route vers eux. Ils seront accueillis par quelques volées de flèches, mais n’engageront pas vraiment le combat ; après avoir essuyé quelques pertes, ils feront demi-tour.

Maintenant qu’ils sont repérés et identifiés, leurs chances de s’introduire dans le camp de la horde sont bien faibles. Les aventuriers ont tout du moins pu constater la réactivité et la bonne organisation des soldats de la horde. Ils sont de retour à Brindol dans l’après-midi, et décident de laisser tomber les actions de guérilla pour partir vers le village de Roche-Rouge, au nord, qui leur servira de base d’opération pour explorer les monts Bouclier-du-Géant.

Après une étape à Gué-Maudit, ils rejoignent le village, un camp de mineurs de bois et de boue, qui semble vide. Comme la plupart des villages de la vallée, il a été abandonné par ses habitants à l’annonce de l’arrivée de l’armée hobgobeline. Par acquit de conscience, Draël hèle d’éventuelles fortes têtes qui seraient restées malgré tout. Bien lui en prend : Fargus, un trappeur de retour d’une longue tournée dans les montagnes et ignorant tout de la menace hobgobeline, sort d’une cabane au fond de la rue. Il ne pourra pas leur apprendre grand-chose, si ce n’est qu’il n’a rien remarqué d’anormal lors de ces derniers mois passés en montagne.

Killiar et ses chasseurs viennent chaque soir faire le rapport de ce qu’ils ont vu en survolant la région ; c’est deux jours après l’arrivée du groupe à Roche-Rouge qu’il fait état d’une activité suspecte dans une ancienne mine normalement désaffectée. Dès le lendemain, les hiboux géants les emmènent sur le chemin de montagne qui monte vers la mine.

Il fait plutôt brumeux malgré la chaleur accablante, ce qui n’empêche pas Elliandre de repérer un groupe de hobgobelins en embuscade quelques dizaines de mètres au dessus de la route, cachés derrière un affleurement rocheux. Draël téléporte les combattants du groupe au milieu des embusqués, qui réagissent néanmoins avec vigueur, se jetant sur Vonak qui a loupé un saut et s'est retrouvé au sol… Mais la hargne ne leur suffit pas, et bientôt les six hobgobelins gisent à terre.

Le chemin continue à monter jusqu’à l’entrée de la mine. Des cris de rage poussés en langue gobeline confirment aux aventuriers qu’ils sont sur la bonne piste. Elliandre a repéré deux hobgobelins à l’entrée de la grotte, mais les bruits à l’intérieur tendent à prouver qu’ils sont plus nombreux.

Le jeune elfe se lance à l’attaque, suivi de ses compagnons ; l’assaut prend les gardes à dépourvu et ils tombent avant d’avoir pu porter le moindre coup. Dans la pénombre du fond de la grotte, quelques guerriers hobgobelins, occupés à maltraiter deux humains, sortent les armes et se jette dans la mêlée, imités par un gobelin et son worg surgis d’on ne sait où… Mais les fanatiques défenseurs ne sont qu’une poignée, et sont rapidement éliminés.

Rapidement après la fin du combat, Vonak et Thémiss sont pris de douleurs et de convulsions musculaires… L’arme avec laquelle le gobelin les a blessés était sans doute couverte de poison. Callahan entreprend d’interroger le commandant hobgobelin, tandis que Draël s’enquiert de l’état des deux humains couchés au fond de la grotte. Tous deux portent des traces de coups récents ; le jeune homme y a succombé, mais sa compagne a eu plus de chance. Après que Thémiss l’aie soignée, elle parvient à expliquer, entre deux sanglots, qu’ils ont été capturés par les hobgobelins il y a quelques jours, et que ces derniers les ont depuis lors obligés à travailler pour eux ici, à un rythme insupportable, d’autant qu’ils sont rapidement tombés malades. Ils étaient cinq mineurs au moment de leur capture et elle seule a survécu.

Il semble que ce ne soit pas la veine de cuivre, d’ailleurs bien pauvre, qui les intéresse, mais un minerai verdâtre dont le gobelin tirait une poudre collante après l’avoir raffiné. Il y a effectivement un établi d’alchimiste dans un recoin de la grotte…

L’interrogatoire du commandant n’ayant rien donné, Callahan passe au gobelin, Lupo, qui s’avère bien plus volubile, mais malheureusement complètement dérangé. Il appelle Callahan « Maman », exige un bisou quant il répond à ses questions, et prend Vagda et Elliandre pour des dieux anciens, mais pour le reste son discours est tellement décousu qu’il est difficile d’en démêler la vérité du délire. S’il y a d’autres membres de la horde dans ces montagnes, les aventuriers n’en savent pas plus sur l’endroit où ils se cachent…

mardi 23 août 2011

La guerre aux portes de Brindol

Avançant prudemment dans les couloirs du complexe, les aventuriers finissent par trouver le centre de celui-ci ; une pièce plongée dans la pénombre, seulement éclairée par le liquide phosphorescent stagnant dans un large bassin de pierre. A peine Draël a-t-il fait un pas dans la pièce qu’il est assailli d’étranges créatures jaillissant des alcôves creusées dans les murs ; des morts vivants pourvus de tentacules, qui se lancent furieusement au combat, se faufilant entre les jambes ou bondissant par dessus les combattants pour atteindre les cibles moins protégées. Heureusement, ces furies consacrent peu d’énergie à se défendre, et si elles portent des attaques meurtrières, elles sont rapidement éliminées.

Au fond de la pièce, une étrange sculpture pulse d’une énergie malsaine. Nul doute qu’il s’agit là d’un objet de pouvoir, mais les observations de Sylphirine ne lui suffisent pas à en déterminer l’utilité. De toute façon, le groupe à d’autres problèmes à régler dans l’immédiat. La pièce n’a pas d’autre issue que celle par laquelle ils sont entrés, et il n’y a aucune trace du maître des lieux. Il doit donc exister un passage secret…

Et de fait, ce dernier mène à une ancienne bibliothèque, inutilisée depuis longtemps si l’on en croit la couche de poussière qui en recouvre les vélins. Derrière la bibliothèque, ils trouvent une autre pièce, dominée par ’un arbre qui, bien que mort, n’a rien perdu de sa majesté. Il est gardé par un énorme lion fantomatique, qui n’aura que le temps de pousser un rugissement avant d’être transformé en volutes de fumées par un sort de Thémiss, qui laisse ses compagnons bouche bée devant tant d’efficacité.

Plus loin encore ils découvrent le trésor de la liche, que Vonak s’apprête à piller avec une satisfaction évidente lorsque Draël lui rappelle qu’ils sont venus pour négocier avec le propriétaire du trésor, et que se présenter à lui les poches remplies de l’or qu’il a accumulé au fil des années pourrait le mettre de méchante humeur…

Enfin, ils trouvent celui qu’ils cherchaient, occupé à méditer au centre d’une pièce vide. Il interrompt sèchement les présentations, leur donnant une minute pour justifier leur présence. La liche apprécie très peu qu’on lui présente la boite censée contenir son phylactère vide, mais finit par accepter de ne pas se mêler au conflit si ce dernier lui est rendu dans les meilleurs délais. Brindol ne l’intéresse pas… pour l’instant.

Sylphirine utilise donc le parchemin de téléportation pour retourner en ville, où ils vont immédiatement prévenir la grande prêtresse Mèchedorée des derniers développements de l’affaire. On demande au mage Immerstal de fournir de nouveaux parchemins de téléportation pour que l’affaire soit réglée dans les plus brefs délais. C’est ainsi que Sylphirine, Vonak et Draël repartent au repaire du Tyran-Fantôme une heure plus tard.

Ils devaient revenir, si tout se passait bien, au bout de quelques minutes, se téléportant à nouveau après avoir remis à la liche son phylactère. Malheureusement, il semble que le Tyran-Fantôme soit revenu sur sa parole… Car en soirée il n’y avait toujours aucune trace des trois aventuriers.

Bien qu’abattus par la disparition de leurs compagnons, les survivants ne perdent pas leur temps en ville, et cherchent un moyen de ramener à la vie Vagda et Schrayen. Ils finissent par trouver les druides des bois-sorciers, réfugiés aux abords de la ville, qui sont disposés à recourir à un rituel de réincarnation en leur faveur. L’esprit de Schrayen refuse de revenir d’entre les morts. Quant à celui de Vagda, il accepte, mais les druides mettent ses compagnons en garde, car le rituel pourrait donner des résultats surprenant sur un forgelier. Ils souhaitent donc étudier les incidences possibles pendant quelques jours avant de le lancer.

Deux jours plus tard, Vonak, Draël et Sylphirine réapparaissent en ville. Ils ont mené leur mission à bien, mais il y a eu un problème lors de la téléportation au retour ; ils se sont retrouvés au bord de l’Elsir, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Brindol. Sylphirine a heureusement été capable d’invoquer des coursiers fantômes qui leur ont permis de rallier la ville sans perdre trop de temps. Ce petit contretemps a par ailleurs été l’occasion de constater l’avance de la horde et l’ampleur de ses forces, confirmant qu’elle serait aux portes de la ville dans une semaine à peu près.

Un autre problème reste à régler : il semble que la tête de Vonak soit mise à prix. Des affiches à son nom ont été placardées un peu partout en ville, donnant rendez-vous à tout qui aurait des informations sur le nain dans une taverne miteuse des quartiers populaires… Vonak étant adepte des solutions simples, il décide de se rendre lui-même au lieu de rendez-vous.

La taverne est bondée, remplies d’hommes d’armes et de personnages louches. Lorsque Vonak lui demande qui est l’auteur de l’avis de recherche, le patron de l’établissement, un demi-orque à la mine patibulaire, lui désigne la table du fond. Elle est occupée par une seule personne. Un elfe, aux cheveux blancs, un verre de vin à la main et les bottes posées sur la table. Tandis que Vonak l’interpelle en s’avançant vers lui, le silence se fait dans la taverne. L’elfe relève la tête, puis bondit de sa chaise, les bras tendus : « Capitaine Vonak, enfin, je vous trouve ! ». Maintenant qu’il s’est levé, son tabard de l’ordre lumineux est clairement visible. « Je suis Elliandre de Belleville, et je suis venu vous rejoindre sur la suggestion du capitaine Ophélandre de Bastonne, votre vieil ami, qui est également mon maître d’arme ! ». La foule comprenant qu’il n’y aura pas de combat aujourd’hui reprend ses conversations.

Le jeune elfe fait connaissance avec ses nouveaux compagnons d’armes autour d’un verre. Le lendemain, ils cherchent des moyens de se rendre utiles en ville, pour préparer l’attaque imminente de la ville. Callahan parvient notamment à réunir une poignée de serviteurs de la maison Dénéith qui se mettent sous son commandement pour défendre Brindol.

Dans la soirée, le conseil de la ville se réunit. Les aventuriers, déjà considérés comme les héros de la région, sont invités. Le Baron préside l’assemblée, où sont également conviés Dame Nale, la grande prêtresse Méchedorée, le capitaine de la garde Lars Ulvers, Noraud Guiton et la Capitaine Soranne de Brelin-le-Bac et enfin Sellyrie Chantétoilé.

Le conseil dure une bonne partie de la nuit, et est plutôt animé, chacun ayant sa propre idée de la manière de défendre la ville. Finalement, les principales décisions prises sont de combattre à l’intérieur des murs et de couper certaines rues si la horde parvient à opérer une percée, afin de permettre aux différentes unités de rejoindre des postes de défense prévus au cœur de la ville. Les prêtres et autres soigneurs seront dispersés parmi les unités au front, afin de pouvoir remettre sur pied les blessés au plus vite et de motiver les troupes. Le quartier général de campagne sera établi sur le parvis de la cathédrale, plus proche du centre de la ville. La cavalerie, trop peu nombreuse, sera gardée en ville, en appoint, s’il faut venir en renfort rapidement en cas de coup dur. Le groupe des héros restera en contact avec le commandement par des moyens magiques ; son rôle sera d’intervenir aux endroits où les soldats ne font pas le poids.

Reste à savoir comment les jours qui viennent seront occupés. Comme aucune troupe ne semblait disposée à le faire, Draël souhaitait harceler la Horde, s’attaquer aux lignes de ravitaillement. Mais tous les autres préfèreraient en savoir plus sur les renforts que la horde recevra, selon les dires de la Drakhan Ulwaï, des contreforts montagneux au nord de la ville. Dès que les hiboux des Tiri-Kitors auront identifié l’emplacement de leur base, les aventuriers s’y rendront pour tenter de les empêcher d’apporter leur soutien au gros de la Horde.
Vous êtes trop bas. Remontez un peu, il n'y a rien à voir, ici…